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La maladie du dragon jaune menacerait les agrumes de méditerranée

Un article récemment publié par Sciences et Avenir affirme que les agrumes du pourtour méditerranéen seraient sérieusement menacés. Cette menace a un nom : le Huanglongbing, ou la maladie du dragon jaune, qui attaque les plantations agrumicoles.

Cet article fait le point sur les connaissances actuelles de la maladie.

Eléments de biologie


Agents responsables

La maladie du HuangLongbing (HLB) ou greening des agrumes est causée par 3 espèces de la bactérie Candidatus Liberibacter, l’espèce asiaticus, americanus et africanus.

Cibles

La maladie attaque toutes les variétés de Citrus mais aussi les Rutacées utilisées en horticulture d’ornement.

Les vecteurs de la maladie

Elle est véhiculée par des insectes piqueurs suceurs, les psylles. Il s’agit principalement des psylles Diaphorina citri et Tryoza erytreae. C’est le psylle africain Tryoza erytreae, transmettant une forme moins forte de la maladie, qui a été détecté au nord de l'Espagne, et au Portugal

Quelques piqûres de psylles suffisent pour transmettre la maladie. Ils constituent donc des vecteurs très efficaces. Le psylle est un insecte type suceur se nourrit de sève. En piquant un arbre, il transmet la bactérie, qui en retour bloque le canal par où transite la sève. Les feuilles jaunissent, les fruits se déforment. L'arbre s'étouffe et meurt plus ou moins vite, selon les pays et les conditions climatiques.

Les symptômes

La bactérie, contenue dans les vaisseaux conducteurs de sève, détourne les ressources de la plante causant des taches jaunes asymétriques sur les feuilles, un aspect marbré (taches vert-claires/jaunes et vert-foncé), une croissance très réduite des nouvelles feuilles et des racines. Les branches dépérissent et les jeunes pousses présentent un jaunissement avec des taches vert foncé. Les feuilles, mais aussi les fruits montrent une chute précoce.
On constate une malformation et une coloration partielle ou inversée des fruits (la base du fruit reste verte), accompagnée d’une forte acidité/amertume (commercialisation difficile). Les arbres accusent un retard de croissance, une perte de rendement significative et une faible vigueur conduisant inéluctablement à leur mort au bout de quelques années (selon l’âge de l’arbre au moment de la contamination).

Source : http://www.bsv-reunion.fr/?p=1980

Quels moyens de lutte ?

  • Sur l’île de la Réunion

Le HLB a été maintenu sous contrôle grâce l’arrachage des plants atteints et la lutte biologique contre les psylles et aux replantations plus haut à une altitude où les psylles ne survivent pas.

  • En Guadeloupe

Dans le cadre du RITA de Guadeloupe, plusieurs actions ont été proposées sur financement du Feader* et de l'Odeadom* (2015), pour lutter contre cette maladie depuis son arrivée :

  • La mise en place d’une filière de production  de plants d’agrumes sains et certifiés (IT2, Cirad, Chambre d’agriculture, Fredon).
  • L’évaluation d’orangers et de petits agrumes (mandariniers, tangors et tangelos) décrits comme plus tolérants au HLB (Cirad et Assofwi).
  • L’évaluation de porte-greffes tétraploïdes potentiellement plus tolérants au HLB (Cirad et Assofwi).
  • Le développement d’itinéraires techniques limitant l’impact du HLB sur les vergers et pouvant améliorer les rendements et la qualité des nouvelles variétés testées (Assofwi, Inra, Sicacfel, Sicapag, Sica les Alizés et Fredon).
  • L’établissement de protocoles de bio-contrôle du psylle asiatique (Assofwi)
  • La production des auxiliaires limitant le développement du psylle asiatique et des autres parasites (Fredon).
  • Autres pistes

Suivant les pays, les réactions de défense ont été différentes.

  • Le Brésil a eu massivement recours aux insecticides.
  • La Californie arrache, replante et surveille son verger.
  • La Floride n'a pas pu utiliser trop d'insecticides, car ses plantations sont trop proches de zones urbanisées. Son verger a dépéri d'autant plus rapidement que les arbres ont été fragilisés par plusieurs cyclones. Et un arbre d'ornement très populaire, le Muraya, y agit comme un "réservoir à psylles" sans contracter la maladie. 

Les chercheurs travaillent sur la génétique notamment. Mais la bactérie est difficile à étudier car "on ne peut pas la cultiver en labo" cf. Raphaël Morillon, chercheur au Cirad en Guadeloupe.


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